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À l’occasion de la Journée de la Femme Africaine – Message du Recteur - Reconnaitre la valeur de la femme africaine

Alors que l’Afrique célèbre la Journée de la Femme Africaine ce 31 juillet, l’Université Panafricaine réaffirme son engagement profond envers l’avancement des femmes sur le continent. Cette journée n’est pas seulement une célébration des progrès accomplis : elle nous invite à réfléchir à la résilience et aux contributions des femmes africaines, passées et présentes. En lien avec le thème 2025 « Promouvoir la justice sociale et économique pour les femmes africaines par la réparation », le Recteur adresse un message inspirant et lucide, appelant notre communauté à l’action, à la solidarité et à une mobilisation constante pour l’égalité de genre. Ses mots nous rappellent que bâtir une Afrique juste et inclusive exige de reconnaître, de valoriser et d’accompagner pleinement les filles du continent.

Chères étudiantes,
Chers étudiants,
Chère communauté de l’Université panafricaine,
Ce 31 juillet 2025, le monde se joint à l’Afrique pour
commémorer la Journée de la Femme africaine.
C’est l’occasion pour nous de jeter un regard
introspectif sur sa condition, à la lumière du thème
« Faire progresser la justice sociale et économique
en faveur des femmes africaines à travers les
réparations ».
Que célébrons-nous concrètement ? Cette question
nous ramène dramatiquement à la trajectoire de vie
de nos aïeules, nos mères, nos épouses, nos
soeurs et nos amies, émaillée de souffrances, de
violences, de sacrifices et de combats.
51 ans après l’institution de cette journée, de
nombreux progrès ont été enregistrés et gomment
peu à peu ce narratif traumatique auquel l’identité
de la femme africaine est associée.
Grâce à une synergie d’action entre les
gouvernements, les partenaires et la société civile,
le taux d’alphabétisation de la femme en Afrique
s’est accru pour atteindre aujourd’hui 57%. Sur le
plan économique, nos mamans sont un pilier de la
production des richesses et de la valeur ajoutée :
elles constituent environ 50% de la main-d’oeuvre
agricole et produisent jusqu’à 70% des denrées
alimentaires destinées à la consommation des
ménages et à la vente locale. En 2018, la Fondation
WIA Philanthropy révélait que 24% des femmes en
âge de travailler sont des entrepreneures, soit le
taux le plus élevé au monde.
Ces résultats majeurs peinent toutefois à masquer
les inégalités persistantes, qui limitent le potentiel
de la femme et freinent sa participation à l’essor de
notre continent. Dans l’enseignement supérieur, le
taux de scolarisation des femmes africaines
représente moins de 10%. Dans le domaine des
sciences, technologies, ingénierie et
mathématiques (STIM), elles ne sont représentées
qu’à 30% selon l’Unesco, et seules 20% des
quelques 30% des diplômées des programmes
d’ingénierie du supérieur en Afrique subsaharienne
sont des ingénieures.
En cause, les normes culturelles, les barrières
financières, les conflits sécuritaires, les violences
faites aux femmes et filles… et la liste n’est
malheureusement pas exhaustive.
Ce bilan illustre à suffisance que la condition sociale
et économique de la femme est loin d’être un
acquis. Il est donc impérieux d’entreprendre une
réparation à tous les niveaux, pour rendre justice à
ces ouvrières de l’ombre dont la valeur intrinsèque
souffre d’un déficit de reconnaissance.
Depuis 2012, l’Université panafricaine est
résolument engagée sur ce chemin. Nos dirigeants
ont compris que notre continent doit renforcer la
qualité de ses ressources humaines et faciliter la
contribution de la femme à la mise en oeuvre de
l’Agenda 2063. Aussi, lors de la sélection des
boursiers de notre institution, nous mettons un point
d’honneur à refléter l’égalité entre les sexes. Depuis
l’entrée en vigueur de cette politique, l’effectif des
étudiantes de l’Université panafricaine a doublé,
passant de 21% en 2012 à 41% de nos jours. Des
bourses ont été octroyées à plus de 1.000 jeunes
femmes, tandis qu’environ 900 boursières ont
brillamment achevé leur cycle.
Évidemment, nous entendons poursuivre nos
efforts vers l’amélioration de l’accès des femmes
africaines à l’enseignement supérieur, avec
l’accompagnement des États-membres de l’Union
africaine.
J’invite donc toutes nos diplômées et étudiantes à
être des modèles et des ambassadrices de
l’autonomisation de la femme africaine au sein de
leurs communautés. Dans cet effort collectif, la gent
masculine doit être associée, car la masculinité
positive nous aidera peu à peu à relever la condition
féminine.
Ensemble, engageons-nous à ouvrir la voie à la
femme africaine afin de lui permettre, tels des
cercles concentriques, d’étendre son réseau
d’influence au-delà du cadre domestique et
d’impacter des millions de jeunes filles.

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